Voici la suite ... attention, pour l'instant je reste sur les deux personnages de départ et leur relation ...
Note : Le récit de Michael est bien l'histoire du crash de 1947, les noms sont bien ceux des protagonistes.
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Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'elle sortit de l'hôtel, le corps détendu après une bonne nuit de sommeil, un gobelet de café encore fumant entre les mains. Elle fut un instant éblouie par l'astre rayonnant, mis sa main en visière pour tenter de repérer Michael. Elle s'était interrogée sur la proposition que ce dernier lui avait faite, se demander si elle devait la prendre au sérieux ou s'il n'avait lancé cette proposition que pour la taquiner encore.
Elle sursauta lorsqu'elle entendit le vrombissement du moteur d'une moto arrivant à grande vitesse. Celle ci dépassa l'hôtel mais soudain le conducteur freina, effectuant un agile demi tour pour revenir se positionner devant elle dans un bruit assourdissant. Dès que le pilote ôta son casque, elle reconnut son compagnon de la veille qui affichait un sourire éclatant.
- Alors, prête pour l'aventure ?
Déjà, il lui tendait un casque, l'invitant à s'installer derrière lui. Elle avala en hâte le reste de son café, se félicitant d'avoir opté pour un jean, avant de prendre place sur l'engin. Michael faisait déjà ronfler le moteur de la moto, qui bondit littéralement dès que les bras de la jeune femme s'enroulèrent autour de sa taille.
Ils roulaient depuis bientôt un quart d'heure sur la route 285. La chaleur était déjà étouffante dans cette contrée désertique, et une fine couche de sueur commençait à se former à la base de son cou, lui faisant espérer un arrêt prochain et un zone d'ombre bénéfique. Tout à coup, la moto changea de direction, prenant une route plus étroite mais toujours aussi dénuée d'arbres ou de toute source de fraîcheur. Chloé ne savait pas où il l'emmenait, se cramponnant le plus possible au corps de son compagnon, et se délectant du contact de sa masse musculaire.
Elle fut tirée de sa rêverie par l'arrêt soudain du deux roues. Elle regarda autour d'elle, constatant qu'ils se trouvaient au milieu de nul part, uniquement ce paysage aride, balayé de chaleur. Déjà, Michael avait arrêté le moteur et avait enlevé son casque. Elle fit de même, puis se planta devant lui, les bras croisés, le sondant d'un air interrogateur.
- Mais qu'est ce que l'on fait ici, au milieu de nul part ?
Il éclata de rire devant sa mine renfrognière, puis finit par se calmer.
- Tu voulais tout savoir sur Roswell et ses mystères, n'est ce pas ?
Elle acquiesça de la tête.
- Et bien tu te trouves où tout a commencé ...
Il arborait un air triomphal, et elle se sentit de nouveau déstabilisée par cet homme étonnant, qui avait le don de la prendre à contre pied ... d'ailleurs, elle venait de constater qu'il s'était mis à la tutoyer.
- Alors, tu veux que je te racontes ou pas ?
Il la scrutait, en attente de sa réponse.
- Va y, Monsieur le spécialiste, je suis pendue à tes lèvres.
- Quelle image plaisante ...
Elle rougit malgré elle, décontenancée une fois de plus par des réponses qui la replongeaient vers des taquineries d'adolescente. Mais il ne fallait surtout pas qu'elle se laisse embobinée par cet homme qu'elle connaissait à peine.
- Bon, je suis toute ouïe ...
- Cela remonte au début du mois de juillet 1947, le 2 pour être exact. Alors qu'un violent orage s'abattait sur la région de Roswell, un fermier dont l'exploitation était proche d'ici, Mac Brazel, entendit une violente déflagration. Au petit matin, alors qu'il explorait ses terres afin d'évaluer les éventuelles catastrophes dues à l'orage, il découvrit un amas de débris ne ressemblant à rien de sa connaissance.
Chloé ne put s'empêcher de faire le rapprochement avec l'arrivée sur terre de son kryptonien d'ami, sauf que dans son cas, il s'agissait aussi de pluie, mais de météorites. Cette histoire d'aliens à Roswell, qui jusqu'alors lui avait paru plutôt de l'ordre de la légende, prenait soudain un tour nouveau.
- Mac Brazel récupéra quelques uns de ces débris afin de les montrer à ses voisins, les Proctor. Ces derniers lui conseillèrent de faire part de sa découverte aux autorités. Il se rendit donc à Roswell dès le lendemain, contacta dans un premier temps le bureau météo de la ville, puis le shériff du comté, George Wilcox. Et ils vont faire alors une erreur ...
- Laquelle ?
- Ensemble, ils appelèrent les responsables de la base militaire de Roswell qui envoya immédiatement 3 hommes au bureau du shérif. L'un d'eux était le colonel Blanchard, commandant de la base, accompagné du major Jesse Marcel, officier de renseignement, et du capitaine Sheridan Cavitt. C'est cette action qui conduisit à la vague de désinformation menée par les militaires.
- Qu'est ce que tu entends par là ?
- Blanchard rentra à la base en emportant avec lui quelques-uns des débris apportés par Brazel, puis en réfèra à son supérieur hiérarchique, le général Ramey de la base de Carswell, à Fort Worth. Ce dernier alerta à son tour le Pentagone. Le soir-même, les débris furent envoyés à Washington, puis ré-expédiés pour identification à la base de Wright Field, près de Dayton.
Le Pentagone !!! Si le récit de Michael était exact, elle se trouvait en face d'une affaire incroyable, qui impliquait les hautes sphères de l'Etat ... Une douce odeur de scandale remontait à ses narines, et sa curiosité journalistique se trouvait encore plus sur le qui vive.
- Que s'est il alors passé ?
- Le colonel Blanchard et Jesse Marcel se sont rendus en compagnie de Brazel vers le lieu du crash. Ils ont passés la journée à ramasser l'ensemble des débris toujours présents, puis retournèrent à la base. Mais c'est le lendemain que tout se joua vraiment.
- Pourquoi ?
- Parce que le colonel Blanchard ordonna de placer des postes de garde sur les routes accédant au champ de Brazel, interdisant l'accès à toute personne étrangère à l'armée.L'après-midi du même jour, un bombardier B-29 décolla de la base de Roswell avec à son bord le major Jesse Marcel et quelques sacs de débris, un second appareil emportant un container scellé, chargé de l'étrange marchandise. A peine arrivé à Fort Worth, ce précieux colis a été transféré dans un autre avion en partance pour Washington.
- Donc plus de preuves ? Et que contenait ce fameux container ?
- L'un des pilotes raconte qu'il aurait transporté les débris de l'engin, mais également quatre petits corps surmontés de larges têtes et couverts de vêtements d'une matière qu'il n'avait jamais vue auparavant.
- Des extraterrestres ?
- C'est en tout cas ce que pensent une grande partie des gens qui s'intéressent au mystère de Roswell.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Chloé avait totalement oublié les conditions climatiques, tant le récit de Michael la fascinait. Elle aimait depuis toujours les phénomènes étranges, la concrétisation lorsqu'elle était redactrice en chef de la Torche avait d'ailleurs été son mur des bizarreries.
- Dans le même temps, une conférence de presse était organisée au bureau du général Ramey, à Fort Worth. L'explication officielle du crash par les autorité et l'USAF : un ballon météo s'est écrasé, les "extraterrestres" observés dans le désert du Nouveau Mexique étaient en fait des mannequins anthropomorphiques de test qui étaient transportés en l'air par des ballons de haute altitude de l'U.S. Air Force pour des recherches scientifiques.
- Donc, c'est ainsi que l'affaire a été enterrée ?
- C'est du moins ainsi que les autorités ont tenté de le faire. Mais dans ce type d'histoire, les langues finissent toujours par se délier un jour ou l'autre.
- Tu as des traces des dires des témoins de l'époque ?
- Oui, à l'UFO Center.
Le silence se fit alors entre eux, sans doute parce qu'ils venaient de se rendre compte que pour la première fois, ils se retrouvaient seuls, confrontés à une intimité dont ils n'avaient pas eu conscience jusqu'alors. Leurs regards s'accrochaient puis s'évitaient, une gêne insolite venait d'apparaître entre eux, interrogation de leur présence en ce lieu et d'une relation naissante dont ils ne savaient définir la teneur. Finalement, ce fut Michael qui lui fit un signe, l'invitant à remonter sur la moto. Ils enfilèrent tout deux leur casque et ce fut une sorte de soulagement lorsque le moteur de l'engin rugit, mettant un point final à ce moment étrange et troublant.
Ils roulaient maintenant à vive allure en direction de Roswell, le vent du à la vitesse leur amenant un peu de fraîcheur et leur permettant à chacun de recouvrer leur calme. Chloé cherchait à analyser l'étrange sentiment qu'elle ressentait envers le jeune homme dont ses bras enserraient la taille. Ils ne se connaissaient que depuis la veille mais elle ne pouvait nier que déjà elle se sentait proche de lui, comme si une alchimie existait entre eux. Il provoquait chez elle un mélange de sentiment confus, allant de la confiance au désir de se trouver en sa présence qu'elle trouvait agréable, rassurante, délicieuse. Ils arrivèrent rapidement en vue de Roswell, mais au lieu de la déposer à son hôtel, Michael continua en direction du centre ville. Elle vit finalement apparaître l'enseigne de l'UFO Center et comprit que c'était là qu'il avait décidé de l'emmener. Elle sourit malgré elle : Décidément, ce gars était plein de ressource mais aussi d'une détermination sans faille. Il semblait résolu à lui offrir toutes les possibilités afin d'écrire au mieux son article.
Il arrêta la moto dans la rue de derrière et l'aida à descendre de l'engin. Ils étaient très proches l'un de l'autre, et lorsqu'elle retira son casque, elle croisa son regard noisette qui la scrutait. Elle se sentait comme figée lorsqu'il lui tendit une clé.
- Pour toi ...
- Qu'est ce que c'est ?
Il lui attrapa la main et l'entraîna à sa suite. Ils stoppèrent devant une porte de métal qu'il lui désigna d'un signe de tête. Elle glissa la clé dans la serrure, fit un tour et ouvrit le passage. La pièce était plongée dans le noir, puis la lumière se fit, sans doute grâce à l'intervention de Michael. Elle découvrit alors qu'elle se trouvait dans l'UFO Center. Elle n'en croyait pas ses yeux.
- Comme cela, tu pourras venir consulter les archives quand bon te semble.
Instinctivement, elle se retourna pour lui faire face, et se jeta dans ses bras qui l'étreignirent aussitôt. Cette preuve de confiance lui allait droit au coeur. Lorsqu'ils s'écartèrent légèrement l'un de l'autre, leurs regards se croisèrent et avant qu'ils en aient conscience, leurs lèvres se scellèrent en un doux baiser.
A suivre ...